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Côte d’Ivoire : Fuite massive du cacao vers le Ghana, Abidjan mise sur les forces de l’ordre pour verrouiller la frontière ghanéenne
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Il y a 1 jour

Face à lafuite préoccupante des fèves de cacao ivoiriennes vers leGhana, le gouvernement entend intensifier la lutte contre lafraude aux frontières. Interpellé sur les pertes subies par lesproducteurs et leurs revendications concernant leprix d’achat et les impayés de lacampagne précédente, le porte-parole du gouvernement,Amadou Coulibaly, a défendu le mécanisme ivoirien de fixation desprix. Lors de la conférence de presse consécutive auConseil des ministres, il a annoncé que leConseil du Café-Cacao devrait se rapprocher des forces de l’ordre pour renforcer les contrôles à la frontière ghanéenne.
La commercialisation du cacao ivoirien est confrontée à un phénomène préoccupant dans la région de l’Indénié-Djuablin, notamment dans le département d’Abengourou : le transfert de fèves vers leGhana voisin. Cette situation a été portée à l’attention du porte-parole du gouvernement,Amadou Coulibaly, lors de la conférence de presse qui a suivi leConseil des ministres.
Selon les chiffres avancés par un journaliste ayant
Selon les chiffres avancés par un journaliste ayant effectué une mission de terrain dans cette région, dans la nuit du 12 au 13 octobre, entre 23 heures et 2 heures du matin, 28 camions transportant chacun environ sept tonnes de cacao auraient pris la direction duGhana. À ces véhicules se seraient ajoutées 95 motos chargées chacune d’au moins cinq sacs de fèves.
Le journaliste a également fait état d’informations selon lesquelles une soixantaine d’autres véhicules auraient franchi la frontière le jour de son intervention.
Ces mouvements transfrontaliers soulèvent des interrogations sur l’efficacité des dispositifs de contrôle, mais aussi sur les raisons économiques qui poussent certainsproducteurs ou intermédiaires à écouler leur cacao de l’autre côté de la frontière.
Au-delà de lafraude transfrontalière, la question des revenus
Au-delà de lafraude transfrontalière, la question des revenus desproducteurs constitue un autre enjeu majeur. Selon le journaliste, plusieurs planteurs justifieraient la vente de leurs fèves auGhana par le niveau duprix d’achat pratiqué en Côte d’Ivoire, jugé insuffisant par certains, mais également par des retards de paiement concernant lacampagne précédente.
Desproducteurs affirment notamment détenir encore des reçus datant de novembre et décembre 2025, sans avoir reçu le paiement correspondant à leur livraison.
Face à cette situation, le journaliste a interpellé le gouvernement sur la possibilité de revoir leprix d’achat du cacao et de diligenter un audit de la gestion du stock résiduel, évalué à 291 milliards de francs CFA et présenté comme ayant été financé par l’État ivoirien.
En réponse,Amadou Coulibaly a d’abord contesté la neutralité
En réponse,Amadou Coulibaly a d’abord contesté la neutralité de la question, estimant qu’elle s’apparentait davantage à un plaidoyer en faveur desproducteurs.
« Je ne sais pas si c’est une question ou bien un plaidoyer pour lesproducteurs, mais la question semble couvrir un parti pris à peine masqué », a-t-il déclaré.
Sur le fond, le porte-parole du gouvernement a défendu le système de commercialisation du cacao en vigueur en Côte d’Ivoire, qu’il a distingué du mécanisme appliqué auGhana.
Selon lui, le dispositif ivoirien repose sur unprix
Selon lui, le dispositif ivoirien repose sur unprix garanti auxproducteurs, indépendamment des fluctuations des cours internationaux.
« Nous, ici, nous garantissons unprix auxproducteurs, et le producteur sait que, quelles que soient les fluctuations à l’international, il est assuré que leprix qui a été fixé lui sera payé. Même quand leprix chute, leprix qui a été annoncé par le gouvernement est respecté », a-t-il expliqué.
Le ministre a ainsi mis en avant la volonté des autorités de protéger les revenus des planteurs contre les variations du marché mondial.
Il a toutefois reconnu que la proximité géographique
Il a toutefois reconnu que la proximité géographique entre les deux pays pouvait favoriser des mouvements de cacao d’un territoire à l’autre, certains acteurs cherchant à tirer profit des différences entre les systèmes de commercialisation et les niveaux deprix.
« Il peut se trouver un producteur qui veut profiter de tous les systèmes : un système plus ou moins libéralisé, comme c’est le cas auGhana, et un système encadré, comme c’est le cas en Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé.
Amadou Coulibaly a également rappelé que ces mouvements ne se faisaient pas toujours dans le même sens. Lorsque les cours étaient plus avantageux en Côte d’Ivoire, a-t-il souligné, desproducteurs de pays voisins venaient y vendre leur cacao. Il a ajouté que des stocks avaient alors été saisis.
Pour le porte-parole du gouvernement, la lutte contre
Pour le porte-parole du gouvernement, la lutte contre les transferts illicites de cacao relève notamment de la responsabilité des forces de l’ordre, appelées à renforcer leur vigilance dans les zones frontalières.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire et leGhana avaient déjà cherché à rapprocher leursprix d’achat afin de limiter les mouvements transfrontaliers motivés par les différences de rémunération.
« Jusqu’à très récemment, avec leGhana, nous nous accordions pour fixer nosprix ensemble, et c’étaient desprix plus ou moins voisins, justement pour répondre à cette préoccupation », a-t-il indiqué.
Le ministre a cependant estimé que certains acteurs
Le ministre a cependant estimé que certains acteurs continuaient de profiter des failles du dispositif en fonction desprix pratiqués de part et d’autre de la frontière.
Il a donc appelé les forces de l’ordre à faire preuve de davantage d’assiduité dans la surveillance des zones concernées.
« Il appartient donc aux forces de l’ordre de faire leur travail avec beaucoup plus d’assiduité », a-t-il insisté.
Amadou Coulibaly s’est par ailleurs dit convaincu que
Amadou Coulibaly s’est par ailleurs dit convaincu que leConseil du Café-Cacao, qui a également pu prendre connaissance de cette préoccupation, se rapprocherait des forces de l’ordre afin d’intensifier la lutte contre lafraude à la frontière avec leGhana.
Si le gouvernement entend renforcer la surveillance des frontières, plusieurs préoccupations soulevées lors de la conférence de presse n’ont pas reçu de réponse précise.
Le porte-parole du gouvernement n’a annoncé ni révision duprix d’achat du cacao ni audit du stock résiduel évalué à 291 milliards de francs CFA. Il n’a pas non plus apporté de précisions sur les retards de paiement évoqués par certainsproducteurs.
L’intervention ministérielle a principalement porté sur la défense
L’intervention ministérielle a principalement porté sur la défense du système ivoirien de fixation desprix et sur la nécessité de lutter contre les mouvements frauduleux de fèves vers leGhana.
La question demeure donc entière : au-delà du renforcement des contrôles frontaliers, quelles mesures seront prises pour répondre aux difficultés de paiement dénoncées par certains planteurs et examiner leurs demandes de transparence sur la gestion de lafilière ?
Pour lesproducteurs concernés, l’enjeu est double : obtenir le paiement des sommes qu’ils estiment leur être dues et bénéficier de conditions de commercialisation suffisamment attractives pour limiter les départs de cacao vers le pays voisin.










