Le 19 octobre 2026, Ousmane Sonko, ex-Premier ministre devenu président de l'Assemblée nationale, charge frontalement l'Exécutif et son chef. Au cours d'une conférence de presse, ils'est exprimé sur ce qui pourrait déboucher sur un nouvel épisode de son bras de fer avec le Président Bassirou Diomaye Djakhar Faye. Le président du Pastef met en garde son ancien compagnon de lutte contre “un suivisme des désideratas du Fonds monétaire international”, alors que le Parlement va se prononcer sur la nouvelle loi de finances basée sur l'accord conclu le 1er septembre avec le Fmi.
Une sortie qui n'a rien d'anodine. Elle intervient après trois revers majeurs pour Sonko dont le premier est le rejet de sa tentative de contrôler le budget de souveraineté de la Présidence. Le patron de l'Assemblée voulait soumettre à un vote les fonds discrétionnaires du Président. Diomaye Faye a dit non. C'était une tentative de mettre le Président sous tutelle parlementaire.Le deuxième revers subit par Ousmane Sonko, c'est le rapprochement Diomaye Faye-Macky Sall.
Puisque le 24 septembre à New York, Diomaye Faye défend la candidature de Macky Sall à l'Onu. Pour Sonko, qui a fait de l'anti-sallisme son Adn, c'est une trahison.Le troisième revers du Pastef et son Chef, c'est que Diomaye Faye choisit le multilatéralisme classique, Fmi, Banque mondiale, Onu, que le Pastef dénonce comme néocolonial. Sonko prônait la rupture.
Diomaye Faye signe un accord de 2,2 milliards
Diomaye Faye signe un accord de 2,2 milliards de dollars avec le Fmi. Sonko tente donc de reprendre la main en s'érigeant en gardien de la ligne rupturiste originelle. Et sa base suit. Sur X, Diaye Madicke (@madicke4nd) écrit : « Dieu Merci J'étais là dans les années d'Ajustements Structurels 1981/97. Je ne suis pas prêt à accepter encore les pilules amères du FMI Ce sera la guerre totale contre ce pouvoir nul ».N.Pierre Dianda (@dianda_n52517) ajoute : « Merci pour votre vision éclairée, mieux vaut prévenir que guérir.
En tout cas tout est clair, maintenant c’est aux Sénégalais de prendre leur responsabilité avant que le pire ne vienne. » Le discours anti-Fmi fait mouche chez les militants, traumatisés par les Programmes d'ajustement structurel (Pas) des années 80-90. Et la manoeuvre révèle la rupture consommée. En attaquant la loi de finances que le gouvernement Lô, désormais adversaire, doit défendre, Sonko acte qu'il n'est plus dans la majorité présidentielle.
Il est passé de partenaire à opposant institutionnel. Il n'est plus l'aile gauche du pouvoir, il en est le contre-pouvoir à l'Assemblée. Diomaye Faye, lui, joue le pragmatisme. Il a besoin du Fmi pour payer les salaires et stabiliser l'économie. Sonko joue l'idéologie de la rupture originelle. Le duel n'est plus une bisbille interne au Pastef, c'est un affrontement entre deux camps.
Surtout que le Chef de l'État a désormais son propre parti politique.









