Vous dirigez le Centre de recherche architecturale et urbaine (Crau). Pour le citoyen lambda, qu’est-ce que l’architecture urbaine et en quoi se distingue-t-elle des autres formes d’architecture ?
L’architecture urbaine, c’est l’architecture qui se fait en milieu urbain, c’est-à-dire en ville. Elle se différencie de l’architecture en milieu rural, notamment par la typologie des constructions. En milieu urbain, les édifices modernes sont généralement réalisés en béton et à partir de matériaux importés, comme le fer et le ciment. En milieu rural, nous avons ce que nous appelons l’architecture vernaculaire, qui utilise des matériaux localement disponibles, tels que le bois, le bambou, la chaume ou encore l’argile.
Quel est le rôle du Crau dans la recherche architecturale et le développement de nos villes ?
Notre centre a pour ambition de mener des recherches appliquées sur les questions d’architecture, les matériaux de construction et la typologie de nos villes, qui sont de plus en plus confrontées aux défis de l’urbanisation. Un autre rôle consiste à faire en sorte que nos villes puissent conserver leurs riches patrimoines architecturaux et urbains face aux défis de l’urbanisation et du changement climatique.
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Nos villes semblent de moins en moins refléter nos richesses culturelles dans leur architecture. Comment expliquez-vous cette situation ?
L’urbanisation est un phénomène qui détruit nos espaces
L’urbanisation est un phénomène qui détruit nos espaces agricoles et nos forêts. Sans un véritable outil de planification, nos villes sont confrontées au désordre. C’est notamment pour cette raison que nous ne disposons pas, en Côte d’Ivoire, d’un plan de sauvegarde de notre riche patrimoine culturel. Cette situation contribue à la disparition progressive de nos patrimoines architecturaux et urbains dans nos villes.
Face à ces constats, quelle place le patrimoine architectural africain devrait-il occuper dans les politiques d’aménagement urbain, notamment au regard des enjeux de résilience climatique ?
L’Afrique regorge d’un riche patrimoine architectural et vernaculaire. Nous avons également des villes historiques qui nous ont été léguées par nos ancêtres. Nous ne pouvons pas poursuivre cette trajectoire de développement de nos villes sans intégrer la dimension patrimoniale et prendre en compte notre riche patrimoine architectural africain, en particulier ivoirien. Je pense que nous devons envisager la mise en oeuvre d’un plan de sauvegarde de notre patrimoine, au coeur de nos villes comme de nos territoires.
Pour mieux comprendre cet enjeu, que recouvre concrètement la notion de patrimoine dans le domaine de l’architecture ?
Le patrimoine, c’est ce que nous héritons et ce que nous transmettons à nos enfants et aux générations futures. Dans le domaine de l’architecture, il s’agit de nos édifices, de nos bâtis et de notre architecture vernaculaire. Ce sont des éléments dont nous avons hérité et que nous devons sauvegarder et transmettre aux générations futures, dans un esprit de conservation et de préservation.
C’est dans cette perspective que vous avez mis en place un master consacré à la construction, à l’aménagement et à la transition écologique. En quoi consiste cette formation et quels sont ses objectifs ?
Nous avons mis en place un Master dédié
Nous avons mis en place un Master dédié à la construction, à l’aménagement et à la transition écologique. Il vise à former des ingénieurs et des cadres capables d’agir sur nos territoires, notamment en matière de conception et d’aménagement. Ces professionnels devront être en mesure d’influencer la trajectoire de développement de nos villes en intégrant la transition écologique dans l’aménagement des territoires et les pratiques de construction.
Quelle est la durée de cette formation et quelles sont les conditions d’accès ?
Le master se déroule sur deux ans. Pour y accéder, il faut être titulaire d’une licence en géographie, en bâtiment ou dans une discipline liée à l’architecture et à l’urbanisme. La première année est consacrée aux cours fondamentaux. La deuxième année est dédiée à un stage et à la soutenance d’un mémoire. À l’issue de la formation, les diplômés obtiennent une qualification équivalente à celle d’un ingénieur en aménagement et construction durable.









